L'aîné partage, le cadet choisi...
Par Gvilbert, mardi 11 avril 2006 à 13:22 :: General :: #40 :: rss
Ces mots échangés avec un ami allemand lors d'une discussion sur des thèmes variés m'ont marqué et invité à rédiger ces quelques lignes. Ils sont inspirés par la connaissance de mon ami H. du modèle de fonctionnement anglo-saxon alliant pragmatisme, respect, expérience, équilibre et liberté...
Nous étions deux face à une viennoiserie des plus alléchantes quand je proposai à un ami venu de Berlin pour quelques jours de saisir le dernier croissant d'un petit-déjeuner parisien dont la capitale a le secret. A cette proposition H. évoqua ce principe anglo-saxon résumé dans le titre de ce billet:"L'aîné partage, le cadet choisi..."
J'ai trouvé ce principe d'un bon sens incroyable. Il évoque de multiples notions dont celle de l'expérience que possède un aîné et de sa capacité à réaliser avec le maximum de justesse une action qui permettra de poursuivre un projet dans le respect de chacun. Les deux générations réunies autour de ce partage, l'équilibre de la situation est donné par le choix qui est laissé au cadet qui, reconnaissant l'expérience de son aîné, devra prendre la partie qui lui revient au regard de ses compétences et sa capacité à les mettre au service du projet commun.
Une autre notion est sous-jacente, celle de la responsabilité collective. L'aîné à l'initiative de l'action ou non, propose une orientation qui est le fruit de sa connaissance d'une situation déjà vécue et conduit le cadet à une initiative qui se concluera par un succès ou un échec. Ce résultat sera le fruit d'une décision collégiale et chacun devra se sentir responsable de ce résultat.
Une autre notion prêtant davantage le flanc à la critique est celle du pouvoir. Une fois le partage réalisé par l'aîné, le cadet en proie aux réflexes donnés par une éducation et pris en tenaille par les valeurs de respect et de savoir-vivre choisira immanquablement la partie la moins avantageuse pour lui, laissant à l'aîné la plus belle part, si le partage n'est pas tout à fait équitable. On peut alors imaginer que l'aîné a toujours gardé le pouvoir dans la relation, conduisant le cadet là où il en avait décidé dès le départ....
Concernant mon ami H, cette notion de pouvoir n'était pas présente, c'est juste l'exercice de réflexion auquel je me livre dans ces lignes qui m'a invité à prolonger un raisonnement un peu différent.
NB: afin de bien saisir le second paragraphe sur la notion de l'expérience, je tiens à rappeler un élément sémantique propre à la langue anglaise qui a eu son importance dans l'échange avec mon ami H. Pour évoquer l'expérience, les britanniques parlent d'"experiment" ce qui mets en lumière, davantage qu'en langue française, le fait que l'expérience est avant tout le fait d'avoir testé ou réalisé sur le terrain quelquechose pour pouvoir revendiquer une expérience mais aussi fait apparaître le caractère perpétuel de l'expérience quant en France, elle est par abus de language présentée presque comme une finalité en butée d'une vie.
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