Jusqu'à aujourd'hui, beaucoup de réseaux, politiques, associatifs, professionnels ont beaucoup d'idées. Ils se gargarisent même de cette production et estiment développer leur légitimité à gouverner sur cette base. Mais si l'on en croit ce professeur, l'intérêt d'un idée à générer du changement réside dans notre capacité à en assurer la mise en oeuvre. Il semblerait même que cela puisse devenir le nouveau modèle d'évolution du développement économique mondial. Nous sommes passés en quelques grosses décades du monde agricole au monde industriel, pour poursuivre au sein d'un monde de services qui tend aujourd'hui à s'industrialiser lui-même et nous découvrons aujourd'hui la puissance d'une économie du savoir dont les principaux piliers pourraient être l'information et la propriété intellectuelle.

Concernant l'information, je ne m'attarderais pas sur cet aspect car tant de choses sont dites sur le sujet qu'il apparaît clairement que l'idée est entendue. Il ne reste plus qu'à la mettre réellement en oeuvre. Quand nous observons les entreprises appartenant à ce monde "intelligence économique" et les difficultés qu'elles ont à se développer sur un modèle économique durable, on peut juste s'inquiéter de notre retard en Europe et en France particulièrement sur l'application que nous faisons de cette idée.

Mais mon propos se concentrera sur la notion de propriété intellectuelle qui est au centre de ce nouveau modèle: la "design economy". En France, nous réfléchissons sur ce thème avec des reflexes mentaux datant du démarrage de l'ère industrielle avec cette stratégie de protection seule garantie de notre développement. Nous constatons chaque jour les "agressions" faites à cette propriété par des pays que nous estimons menaçants. Plutôt que menaçant, je dirai simplement qu'ils ont eux basé leur développement sur la détection, l'adaptation puis l'intégration de cette propriété intellectuelle d'où qu'elle vienne pour peu qu'elle représente à un intérêt pour l'efficience de son espace territorial. Nous sommes donc dans un stratégie tout à fait opposée à celle de la seule et unique protection.

Certaines industries de pointe, même en France, ont entâmé des évolutions sur ce plan. Mais elles sont toujours perçues par les citoyens et les pouvoirs publics comme des "risques" inconsidérés.

Cela revient à dire sur le plan philosophique que si nous avons eu de bonnes idées à une époque nous sommes aujourd'hui tellement bons que nous ne pourrions en avoir de nouvelles encore meilleures? Le déficit cérébral de notre appareil de recherche ne peut pas être insulté de la sorte. Nous devons avoir confiance en notre recherche, lui donner les moyens qu'elle mérite et ils sauront avoir de nouvelles bonnes idées pour développer notre économie (et donc notre pays car c'est bien là que le bas blesse actuellement).

Mais soyons conscients que seule l'application de ces bonnes idées constituera l'étape clée de cette stratégie. Il sera donc intéressant de travailler dès l'origine à l'applicabilité des idées mais surtout préparer nos structures, entreprises, états, réseaux, pour faire en sorte que la concrétisation soit réactive, efficace et durable.

Pour se faire nous devrions rompre plus vite avec nos méthodes plus qu'avec notre système. Il me semble que le système actuel nous laisse les outils pour générer cette rupture des méthodes, qui par l'accélération qu'elles produiront, entraîneront tout le système vers ce monde où la créactivité et la mise en oeuvre de ces productions constituerait un nouveau projet pour nos enfants.

Bonne chance.

Geoffroy VILBERT