Ils ont dit NON à la Constitution pour signifier aux politiques leur désaccord profond avec les méthodes utilisées pour construire l'Europe et surtout avec l'architecture fonctionnelle des Institutions de l'Union et leurs rapports avec les Institutions nationales. Pour faire simple, les français comme les hollandais et une majorité croissante des autres européens mettent le doigt sur le déficit démocratique des Institutions de l'Union. Ce n'est donc pas un plan B ou un rafistolage du Traité de Nice qu'ils attendent, mais une remise à plat de l'architecture institutionnelle de l'Union.

Tony Blair, qu'il nous plaise ou pas, a compris cela et se présente comme le réformateur de l'Union. La plupart des nouveaux entrant sont sensibles à son argumentation. Les élections législatives, de septembre prochain en Allemagne, semblent devoir porter au pouvoir la CDU, dirigée par une femme qui pense que les idées de Blair sont en adéquation avec les intérêt de son pays. Tout laisse à croire que le tandem franco-allemeand aura vecu à la suite de ces élections. La France se trouvera isolée et ne pourra pas s'opposer au rouleau compresseur britannique, dont l'efficacité en matière de politique étrangère n'est plus à démontrer!

Le seul moyen pour la France de reprendre la main, c'est de lancer une initiative visant à remettre au coeur de la réforme indispensable, l'architecture ainsi que les modes de fonctionnement et de désignation des Institutions de l'Union aussi bien que leurs rapports avec les Institutions nationales et locales. Cette initiative devrait intégrer les propositions de Blair sur les réformes budgétaires, y compris la PAC, pour bien montrer que ce n'est pas un contre-projet, mais un projet plus global qui intégre notamment la dimension démocratique, dont les derniers résultats référendaires semblent indiquer l'absence.

Rien n'indique que c'est le chemin pris par les responsables de la diplomatie française.